Choisir ce qui est adapté à soi : une journée de réajustements conscients
Une journée placée sous le signe de l’ajustement
Aujourd’hui a été une journée de réajustements profonds, centrée autour d’une notion simple en apparence, mais exigeante dans la pratique : choisir ce qui est réellement adapté à soi.
Cette journée prend une résonance particulière car elle s’inscrit dans un moment important de notre vie de couple : nous nous sommes pacsés. Un engagement conscient, mesuré, fidèle à notre manière d’avancer. Ni précipité, ni aveugle. Le PACS n’est pas encore le mariage, et c’est précisément ce qui le rend juste pour nous : un premier pas, posé, assumé.
Le PACS comme espace d’expérimentation consciente
Le PACS représente pour nous un cadre intermédiaire. Un espace où l’on commence à reconnaître les structures du système et de la société, sans s’y perdre, tout en continuant à se reconnaître soi-même.
Ce cheminement s’est accompagné d’un travail plus profond autour de l’arbre généalogique, de l’histoire familiale et de ce qui se transmet parfois sans être nommé. S’engager, ici, ne signifie pas se dissoudre dans une forme sociale, mais avancer en conscience à l’intérieur de celle-ci.
Un geste simple, un enseignement corporel immédiat
Pour célébrer ce moment simplement, nous avons choisi de boire un café ensemble. Un rituel ordinaire, presque anodin. J’ai alors pris un café au lait de vache — chose que je ne fais jamais habituellement.
Très vite, la différence entre le mental, les émotions et le corps s’est imposée. Le mental participait au moment. L’émotion était dans la célébration. Mais le corps, lui, avait déjà fait son travail d’adaptation depuis longtemps.
Biologiquement, il a réduit la production de lactase, l’enzyme nécessaire à la digestion du lactose. Ce n’est ni une croyance, ni un rejet idéologique : c’est une réalité physiologique.
Quand le corps rappelle à l’ordre
Deux heures plus tard, le message est clair : maux de ventre, inconfort, et impossibilité d’aller faire mon sport. Non pas comme une sanction, mais comme une conséquence directe d’un manque d’écoute de soi.
Il est intéressant de noter que si je m’étais strictement écouté dès le matin, je n’y serais peut-être pas allé non plus, sortant à peine des vacances. Cela montre que l’écoute de soi n’est pas une règle rigide, mais un équilibrage permanent entre élan, discernement et expérience.
La méthode E-R : lire les résonances
En observant cette situation à travers la méthode E-R (événement – résonance), les images sont apparues avec une clarté frappante.
Le Petit Prince et le serpent : le choix avant tout
L’image de Le Petit Prince qui surfe sur le serpent s’est imposée. Le serpent ne contraint pas. Il laisse le choix. Il permet l’expérience.
Le Petit Prince n’est ni puni ni sauvé : il expérimente, et c’est précisément cette liberté qui donne sa valeur au chemin.
La forêt qui cache la ville
Puis est apparue la vision d’une pseudo-forêt : quelques arbres devant une immense ville. La forêt qui cache la ville.
Ce symbole met en lumière une confusion fréquente : ce qui est présenté comme naturel ne l’est pas nécessairement. Le « naturel » n’est pas universel. Ce qui est valorisé culturellement comme sain ou évident peut être biologiquement inadapté pour un individu donné.
Le lait illustre parfaitement ce décalage.
Le professeur Octopus et l’illusion des solutions techniques
Enfin, l’image du professeur Octopus est apparue, entouré de gadgets censés lui faciliter la vie. Lait sans lactose, produits transformés, solutions techniques ajoutées pour maintenir une habitude devenue inadaptée.
On recrée artificiellement ce qui ne fonctionne plus, et l’on revient à la même illusion : du naturel en façade, de l’artifice derrière.
Faire un choix simple et assumé
À ce stade, le choix devient évident. Il n’y a plus de lutte intérieure. Si je veux vraiment du lait, il existe des alternatives. Mais au fond, je m’en passe très bien.
Arrêter le lait n’est ni une frustration, ni une privation. C’est un ajustement simple, une économie d’énergie, un respect du signal corporel.
Tester les limites pour mieux se reconnaître
Il m’arrive encore de m’énerver contre moi-même. Mais cela fait aussi partie du processus. Tester les limites, vérifier si l’on est réellement présent à soi, si l’on s’écoute vraiment.
Cette fois, la réponse est claire : le signal est entendu.
Le PACS comme engagement lucide
C’est aussi ce qui rend ce PACS profondément intéressant. Un engagement pris en conscience, sans idéalisation, où l’on choisit d’anticiper les ajustements plutôt que de gérer des problèmes plus tard.
Un engagement où l’on avance ensemble, en lucidité, en cohérence, et en responsabilité.
Conclusion : l’écoute de soi comme pratique vivante
L’écoute de soi n’est pas une idée abstraite. C’est une pratique quotidienne, parfois inconfortable, souvent éclairante.
Le corps, lui, ne ment jamais. Il ne juge pas. Il informe.
Encore faut-il accepter de l’écouter — et d’agir en conséquence.

