Quand le corps parle avant la têteLimites, refoulement et maîtrise
Un signal corporel qui ne trompe pas
Aujourd’hui, lors d’un événement social, quelque chose a basculé.
Au fil des échanges, du bruit, des interactions, j’ai senti une saturation progressive, puis brutale.
Un mal de tête frontal intense.
Presque une envie irrépressible de faire taire le monde.
Puis un besoin urgent de dormir.
Une sieste d’une heure s’est imposée, comme une mise hors ligne du système.
Ce genre de signal n’arrive jamais par hasard.
Quand l’image intérieure devient message
Après ce temps de récupération, lors de ma pratique personnelle, une scène s’est imposée avec une clarté étonnante : La Reine des Neiges.
Plus précisément, le moment où Elsa cesse de tenter d’être la reine conforme d’Arendelle pour devenir pleinement la Reine des Neiges.
Celle qui assume sa nature.
Celle qui crée son propre château.
À cet instant, ce n’est plus l’adaptation qui domine, mais l’expression.
Olaf, ou le droit d’exister hors cadre
Autour d’elle apparaît Olaf.
Un bonhomme de neige qui rêve de vivre en été.
Une absurdité, en apparence.
Et pourtant…
Olaf incarne cette part de nous qui veut exister en dehors de ses conditions “logiques”.
Celle qui ne rentre pas dans les cadres établis, mais qui persiste malgré tout.
Le refoulement comme fausse protection
Un peu plus loin dans ce cheminement intérieur, une autre scène se manifeste : les parents d’Elsa.
Leur intention est bonne — protéger, éviter le danger — mais leur solution est le refoulement :
les gants,
la dissimulation,
l’enfermement des pouvoirs.
Or, ce qui est refoulé ne disparaît jamais.
Il attend.
Et lorsqu’il ressort, il le fait sans maîtrise.
Chacun sa nature, chacun ses limites
Un message s’impose alors avec évidence :
Nous sommes tous différents, avec nos propres seuils, nos propres limites, nos propres puissances.
Comme Olaf qui veut vivre l’été.
Comme Elsa qui, lorsqu’elle s’énerve ou se sent menacée, impose la neige à tout le monde, même en plein été.
Maîtriser ne vient pas du contrôle
Au même moment, ma compagne met des mots justes sur une incohérence que nous vivons souvent :
On nous apprend à contrôler avant de nous apprendre à pratiquer.
À réprimer avant de comprendre.
Alors que la maîtrise ne vient jamais du refoulement, mais de l’expérimentation consciente.
La limite franchie
En repensant aux échanges de la journée, une évidence se dessine :
J’ai probablement dépassé une limite.
La mienne.
Celle de l’autre.
Ou les deux simultanément.
Et c’est là que se situe, pour moi, la clé.
La justesse : une question de dosage
La justesse ne réside ni dans l’effacement, ni dans l’imposition, mais dans le dosage :
ce que je donne,
ce que je montre,
ce que j’impose — consciemment ou non.
Et en miroir :
ce que j’accepte de l’autre,
ce que je suis prêt à voir de l’autre,
ce que je refuse encore.
LE prisme et les jeux de pouvoir
Tout cela passe inévitablement par mon propre prisme.
Un prisme parfois glacé, parfois déformant, toujours subjectif.
Il y a aussi ces micro-jeux de pouvoir inconscients, omniprésents dans les relations humaines.
Personne n’y échappe.
L’alignement parfait n’existe pas.
Les décalages sont réels, constants, parfois inconfortables.
Apprendre à cheminer avec ce qui dépasse
Mais c’est précisément à partir de ces décalages que le chemin se fait.
Les rejeter, c’est faire comme les parents d’Elsa :
tenter d’enfermer la puissance pour éviter le chaos.
Les accueillir, c’est accepter d’apprendre à les maîtriser, pas à pas, par l’expérience vécue.
Car :
ce qui est nié ne peut jamais être intégré
et ce qui n’est pas intégré finit toujours par s’exprimer… souvent par le corps.

