Entre volonté et peur : rester vivant dans le mouvement
Ces derniers jours, je me suis interrogé sur une attente silencieuse : l’absence de réponse suite à une candidature pour un poste qui me tenait à cœur. Plutôt que de rester uniquement dans le mental, j’ai choisi de regarder ce qui se jouait en moi, à travers mes perceptions.
La première image qui s’est imposée à moi fut celle de joueurs de tennis échangeant une balle. Un va-et-vient régulier, presque mécanique. Puis, au fil des échanges, la balle s’est transformée en squelette. L’information associée était claire : ce squelette, c’était moi. Une oscillation permanente entre volonté et peur, jusqu’à m’assécher intérieurement. À force de jouer le jeu sans être pleinement aligné, quelque chose se vide, se rigidifie, se décharne.
J’ai alors changé de porte, de point de vue.
Je me suis retrouvé dans une savane. Le lion, symbole habituel de la puissance et de l’affirmation, n’était pas là. En revanche, le climat avait changé. La chaleur n’était plus écrasante, le soleil plus doux, la végétation abondante. On passait d’un environnement aride à un espace vivant, fertile. L’information était subtile mais essentielle : mon savoir et mes connaissances commencent à porter leurs fruits, mais pas encore suffisamment pour attirer tous les animaux. Certains viendront naturellement, d’autres non, simplement parce qu’ils ne sont pas adaptés à cet environnement précis.
Plus loin encore, cette savane s’est transformée en une boule à neige, comme celles que l’on trouve dans les boutiques de souvenirs. Et cette fois, c’est ma main qui la secouait. Le mouvement venait de moi. Pas de l’extérieur. L’environnement ne faisait que répondre à mon agitation intérieure.
Cela m’a rappelé certaines pratiques asiatiques anciennes, où l’on cherchait d’abord la paix intérieure pour que le monde extérieur s’apaise de lui-même. Mais une question s’est imposée : si je ne fais que rechercher la paix intérieure, est-ce que quelque chose bougera réellement dans ma vie ? Ou suis-je aussi appelé à relever des défis, à entrer dans le mouvement ?
La réponse n’était pas binaire. Elle parlait de stabilité dans le mouvement. Pour avancer sans me perdre, je dois être sûr de mes appuis. Impossible de tricher, notamment en entretien. Je suis contraint de rester sur mon axe. Soit je bloque parce que je doute de moi, soit cela bloque parce que l’autre estime que je ne suis pas encore assez expérimenté. Dans les deux cas, le point commun reste le même : l’alignement.
Alors je laisse infuser. Parce que tout ce qui nous implique profondément est souvent bien caché à notre propre regard. C’est pour cela que le regard neutre d’un autre est parfois nécessaire pour avancer sur son chemin. Nous sommes des êtres individuels, avec nos histoires et nos responsabilités, mais nous avons besoin du groupe pour évoluer.
Reste une question ouverte : dois-je continuer à m’appuyer sur le groupe actuel, ou m’autoriser à rejoindre un nouveau groupe pour apprendre ce que je ne peux pas apprendre là où je suis ? Je n’ai pas encore la réponse.
Affaire à suivre.

