INDIVIDUALITé

« Venez comme vous êtes »… vraiment ?

Une grande enseigne de fast-food nous dit : « Venez comme vous êtes ».
Une phrase simple, presque rassurante. Et pourtant, elle résonne étrangement dans un système qui, au quotidien, semble faire exactement l’inverse.

Notre société est largement construite sur un principe implicite :


l’extérieur valide l’intérieur.

Autrement dit, l’avoir justifie l’être.

Un poste obtenu par concours définit la valeur d’un individu.
Une note à l’école façonne l’image qu’un enfant se fait de lui-même.
Un diplôme rassure plus qu’une expérience vécue.
Une école est dite « meilleure » qu’une autre.
Une voiture, un statut, une réussite visible deviennent des marqueurs d’identité.

Même lorsque les systèmes évoluent, notamment à l’école où l’évaluation devient plus subjective, l’impact reste profond : ce regard extérieur continue de modeler l’estime, la confiance et la place que chacun croit occuper.

Alors, au milieu de tout cela… qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous si l’on retire :

  • le regard des autres,

  • le statut professionnel,

  • les diplômes,

  • les possessions,

  • l’image sociale,

  • les normes du système ?

Cette question est dérangeante, mais essentielle.

Le système n’est pas une entité abstraite

Le système n’existe pas « au-dessus » de nous.
Il est la somme des individus qui le composent.

Cela signifie une chose fondamentale :
Le fonctionnement actuel du système est le reflet d’une attente inconsciente collective.

Autrement dit, si le système est tel qu’il est, c’est aussi parce que nous y participons, consciemment ou non.

Reconnaître l’individu, sans tomber dans l’individualisme

Une clé de transformation apparaît alors :
cesser de nier l’individu.

Reconnaître l’individualité ne signifie pas promouvoir l’individualisme.
Il ne s’agit pas de se couper des autres, mais de reconnaître ce qui nous rend singulier.

Cela demande d’accepter nos parts refoulées, nos zones d’ombre, nos contradictions — sans les juger.
Elles font partie de nous.
Elles nous caractérisent profondément.

Accepter cela, c’est accepter l’imperfection de l’humain.
Et accepter l’imperfection, c’est accepter que nous soyons… humains.

De l’être vers l’avoir, et non l’inverse

Ce n’est qu’en reconnaissant notre individualité que nous commençons à comprendre :

  • ce que nous voulons réellement exprimer,

  • ce qui nous anime,

  • ce que nous désirons profondément.

À partir de là, une responsabilité s’installe naturellement :
Nous devenons responsables de nos désirs, de nos choix et de nos actes.

L’« avoir » n’est alors plus une validation de l’être,
mais le résultat de ce que nous avons choisi d’incarner.

Et notre responsabilité dans tout cela ?

La question finale reste ouverte, mais incontournable :
quelle est notre part de responsabilité dans le système actuel ?

Sommes-nous uniquement victimes de ses règles,
ou aussi acteurs de ce que nous acceptons, reproduisons et transmettons ?

Un temps pour regarder en soi

Les énergies actuelles — personnelles, collectives, sociétales —
nous invitent à faire ce travail intérieur.

Non pas pour fuir le monde,
mais pour y prendre place en conscience,
à partir de qui nous sommes réellement.

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